an - Lot 26

Lot n° 26
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Estimation :
100 - 200 EUR
an - Lot 26
an [LITTERATURE] FERRAN (André). Ensemble de documents personnels comprenant : - lettres dactylographiées de la Librairie HACHETTE, signées René Vaubourdolle, en date des 28/10/52 ; 12/11/52 ; 18/11/52 ; 2/12/52 ; 13/01/53 et 5/02/53 ; principalement au sujet de l'édition de textes choisis d'Henry de Montherlant - une lettre autographe datée du 10/10/1941 signée ??, adressée à Biemel [Rainer Biemel ?] au sujet d'un paiement de la NRF après la remise d'un manuscrit. - documents de travail, comme professeur et auteur d'articles littéraires : travaux préparatoires manuscrits ou dactylographiés Articles littéraires "Sur les chemins de l'Aventure" imprimés, portant les corrections d'André Ferran : Aux sources du "Roman Noir" / Un aventurier du rêve : Fitz James O'Brien / La vie fabuleuse de Vidocq, bagnard et policier / Gentilhomme de fortune Articles littéraires manuscrits : "Aux sources du "Roman Noir" - Matthew Gregory Lewis" - 5 ff. Ce Roman Noir, que Horace Walpole et Ann Radcliff ont mis à la mode vers la fin du XVIIIe siècle, restait en somme, le genre admis, dans les limites du raisonnable. Il fallait, pour qu'il connût un renouvellement original, que, l'imagination brisant toute barrière, le fantasmagorique, le surnaturel et l'invraisemblable amalgamés à je ne sais quel condiment de satanisme et de magie, fort à la mode dans le Romantisme des Illuminés, vinssent transformer et gonfler cette fête sombre. Walpole avait exploité les prestiges d'une fiction effrayante dans le cadre gothique, Ann Radcliff avait rationalisé ces poncifs de "terreur et de merveille". Après eux Matthew Gregory Lewis ouvre la voie à la fantaisie la plus débridée et se lance dans des extravagances frénétiques, également éloignées du vrai et du vraisemblable, et rompt, non sans désinvolture, avec les plus normales exigences de la mesure ou du bon sens. / Il était né à Londres, en 1775, d'un père qui fut député-secrétaire d'Etat à la guerre, et dont il hérita un considérable domaine à la Jamaïque. Il passa son existence à des voyages qui le conduisirent jusqu'aux Antilles où il se passionna pour la condition des Nègres. Il mourut sur le bateau qui le ramenait en Angleterre en 1818 - et il fut enseveli en mer, et ce dénouement même l'arrache à la banalité des existences communes. Il laissait une oeuvre abondante dont survécu un seul ouvrage : Le Moine (The Monk). Ce roman suffit à immortaliser le nom de Lewis et suscita, durant de longues années, des imitations sans nombre. / Le Moine parut en 1795 ou 1796, en trois volumes, et il est difficile - tant l'épisode central est imbriqué dans des développements et des intrigues secondaires - d'en donner une analyse cohérente. Le décor varie à la manière trépidante des films d'aventure. Nous parcourons l'Espagne et l'Allemagne. Nous nous perdons dans les forêts les plus épaisses et nous nous enfonçons dans les profondeurs de la terre. Si nous heurtons aux portes du couvent, c'esst pour y découvrir des moines suspects. Et, dans l'ombre, se profile le spectre de l'Inquisition. Ann Radcliff, sous l'influence d'un courant anticlérical, avait mis en scèène en 1797 dans "l'Italien" un moine odieux et déjà, au moement de la Révolution, la littérature française avait connu la vague d'oeuvres farouchement hostiles à la vie monacale : "Les victimes cloîtrées" de Boutet de Monvel avaient en 1790 condensé cette haine dans un type de moine sensuel et féroce. Le héros de Lewis, le Père Ambrosio est d'abord un saint personnage qui, par sa vie mortifiée et son talent oratoire, a gagné l'admiration de tout le bon peuple de Madrid. Il est prieur des Dominicains, et on l'a surnommé l'Homme de Dieu. Son aspect physique est d'une séduction impérieuse : nez aquillin, oeil noir et brillant, cheveux d'ébène, sourcils épais : "Quoiqu'il ne fût qu'à la fleur de l'âge, l'étude et les veilles avaient presque totalement décoloré ses joues. Son front serein paraissait être le siège de la candeur et de la vertu. Tous ses traits exprimaient le contentement intérieur d'une âme également exempte de soins et de crimes. On remarquait encore dans son regard vif et pénétrant une sorte de sévérité qui commandait la vénération et dont peu de personnes pouvaient soutenir la rigueur. " Mais voici que Satan jette les yeux sur cette proie de qualité. Il sait que cet "Homme de Dieu" est dévoré d'un orgueil secret et qu'une sensualité brûlante se refoule dans cette âme hautaine. Il met en jeu ses maléfices sous la forme d'une magnifique créature - Mathilde - qui, déguisée en homme, se fait admettre comme novice dans le couvent d'Ambrosio et a tôt fait de prendre à son charme le Prieur superbe. Une jeune fille - Antonia - que confesse le Moine, ayant excité la jalousie de Mathilde, paiera de son honneur et de sa vie cette malencontreuse et candide rivalité. Et un drame de sorcellerie et de mort vie
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